La femme et le développement technologique

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La femme et le développement technologique

Introduction

L’avènement de la nouvelle société caractérisée par le développement de l’Internet et des Nouvelles  Technologies de l’Information et de la Communication a apporté un bouleversement total dans les comportements et les habitudes d’une bonne partie de la population de la planète.  Tout le monde est susceptible d’en faire usage, jeunes et moins jeunes, hommes, femmes, politiciens, médecins, agriculteurs, étudiants, enseignants, commerçants, bref tout le monde. Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication tout en réduisant  le monde en un village planétaire transforment l’environnement économique, social et culturel des communautés. L’histoire montre que  la technologie a toujours été un outil puissant au service du développement humain qui participe avec efficacité à la lutte contre la pauvreté et à l’amélioration de l’éducation  de base des populations. De nos jours, les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication offrent des perspectives réelles de développement. Cependant,  les inégalités d’accès à ces nouvelles technologies multiformes viennent ternir cet espoir. Ces inégalités sont entre l’homme et la femme, entre pays riches et pays pauvres, entre les villes et les campagnes (fossé numérique). Longtemps relégué au second plan, les femmes ont devant elles des barrières de toutes sortes leur empêchant d’avoir accès à la société mondiale de  l’information. Elles représentent pourtant selon les statistiques mondiales plus de 50 % de la population. En quoi, les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication peuvent être utiles aux  femmes, pourquoi se les approprier et par quelles stratégies et quels sont les obstacles ?

I- Qu’est-ce que les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ? (Définition des termes)

A chaque fois, des techniques et des technologies nouvelles viennent bouleverser  l’échiquier de l’information et de la communication sociale. Aujourd’hui, l’intrusion de l’informatique dans l’industrie des médias, le rapprochement de plus en plus étroit de celle-ci avec les télécommunications et les perfectionnements intervenus dans le domaine  de l’électronique ont formé le terme Nouveaux médias ou Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Ces inventions émerveillent par l’importance de leur technicité. Les moyens de communication de masse avaient toujours poursuivi un double objectif : atteindre les publics toujours plus nombreux et réduire  au maximum la durée de transmission entre les lieux et l’instant de la production des messages et leur réception par le public. Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication donc Internet est l’alliance entre l’informatique et les télécommunications. Les différentes Technologies de l’Information et de la Communication sont :

  • La radio
  • La télévision
  • La presse écrite
  • L’ordinateur
  • Le cinéma
  • Le téléphone
  • L’internet

II- Pourquoi les femmes doivent-elles s’approprier les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ?

La révolution numérique ouvre des perspectives de prospérité et de progrès de l’humanité. La femme est comme nous l’avons déjà dit celle qui est au centre du développement d’un pays. Ce qui signifie qu’elle a le plus besoin des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour :

  • Assurer l’éducation de base des enfants
  • Lutter efficacement contre la pauvreté(grâce à Internet, elle pourra écouler facilement ses produits agricoles et artisanaux, avoir accès aux financements des micro projets agricoles, explorer les marchés extérieurs, avoir la facilité de gérer les tontines et les associations, échanger les expériences avec les entreprises ou les communautés distantes).

Il a été démontré que réduire la pauvreté de la femme serait réduire plus de 50% de la pauvreté dans le monde. L’ancien Secrétaire Général de l’ONU, Monsieur KOFFI A ANNAN en est convaincu car voici ce qu’il dit dans son message à l’occasion de la journée Mondiale des Télécommunications 2002 et je cite « Le rôle de la femme est particulièrement crucial. Les  femmes représentent  60 pour cent des pauvres dans le monde. Or l’expérience a montré que lorsqu’on leur a donné les moyens d’agir, c’est leur famille et leur communauté toute entière qui en bénéficient »

III- Stratégies et obstacles pour un meilleur accès des femmes  aux Technologies de l’Information et de la Communication.

L’élaboration des stratégies permettant l’accès de la femme Camerounaise plus particulièrement aux Technologies de l’Information et de la Communication tient compte d’une part de l’âge de la femme (jeune fille ou femme) et d’autre part de la spécificité environnementale. Pour accéder facilement aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, la femme ne doit pas se fier aux tabous, aux comportements des hommes qui ont tendance à  la reléguer toujours au second plan. Pour les aider en cela, les gouvernements doivent :

  • Développer une véritable politique pour sensibiliser le plus grand nombre de femmes en passant par le Ministère en charge des questions de femmes, qui a l’avantage d’être représenté jusque dans les communautés villageoises à travers les associations féminines
  • Éliminer les idées négatives liées à Internet que la société a développé pour éloigner les femmes des Nouvelles Technologies de  l’Information et de la Communication. On peut citer un exemple : au Cameroun, toute jeune fille qui fréquente  un cybercafé est considérée comme étant à la recherche d’un mari de race blanche. Ce préjugé éloigne de plus en plus les jeunes de sexe féminin des Technologies de l’information et de la communication.

Dans la zone rurale, le problème est tout autre, puisque ici, la majeure partie de la population est analphabète d’une part, et d’autre part, le taux de pénétration de l’infrastructure des télécommunications et d’électricité est  faible, le revenu moyen par habitant est très bas et le taux de scolarisation de la jeune fille  faible. Quand nous prenons le cas de Bangangté, Internet venait d’être disponible, les femmes sont encore en pleine formation. Elles sont aidés en cela par l’utilisation des téléphones Androïde qui leurs permettent de communiquer avec leurs enfants, leurs frères et sœurs du Cameroun et même de la diaspora en mode audio ou vidéo. Pour atteindre les objectifs dans une zone rurale comme celle dans laquelle nous nous trouvons, l’information et la formation s’avèrent nécessaire et ceci ne peut se faire qu’à travers la création dans les zones rurales qui disposent des infrastructures,  des télécentres communautaires. Il s’agit d’un centre commercial des télécommunications qui offre une multitude de services (téléphones,  fax, Internet, traitement de texte, courrier électronique.  Ces télécentres pourront permettre aux femmes rurales de faire connaître au monde entier leurs communautés et leurs activités à travers la création  d’un site, de mettre en ligne les bases de données interactives sur leurs produits agricoles, artisanaux, ainsi que les sites touristiques, de recevoir des commandes en lignes, etc.

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Conclusion

Les nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication offrent aujourd’hui un large champs d’outils et de contenus permettant  d’augmenter les capacités professionnelles,  de parfaire et élargir ses connaissances, de se cultiver par la consultation, d’augmenter les chances pour l’emploi, de lutter contre la pauvreté par le commerce, l’éducation de masse,  les échanges d’expériences, l’amélioration du cadre de vie et l’alphabétisation.  Aux femmes, les Nouvelles Technologies de l’information et de la communication permettent aujourd’hui la réduction  de la fracture numérique, l’accès au savoir et à la connaissance, la pérennisation du patrimoine culturel, l’ouverture au monde extérieur, et la lutte contre la pauvreté. La mise en œuvre des stratégies et programmes d’appropriation des Technologies de l’information et de la communication par la femme ne pourra atteindre les résultats escomptés qu’avec  la volonté et la participation  des femmes elles-mêmes. La coordination de l’action publique dans la promotion de l’accès de la femme où qu’elle se trouve aux Technologies de l’information et de la communication devrait se faire par une structure autonome disposant des ressources et d’un cadre juridique nécessaire à l’attente des objectifs fixés. Si cela parvient à être fait, ceci deviendra un moyen sûr de revalorisation de la femme, et un des moyens efficaces  de lutte contre la pauvreté dont nous prônons tant.

Ide Carine TCHOUNGA

 

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