Nzuimanto Basketball: dans la cour des grands de l’Afrique !

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Le fauve du Ndé était l’un des représentants du Cameroun au championnat d’Afrique qui s’est tenu ce décembre 2016 au Caire en Egypte. Sans lauriers dans leur besace, ils ont valablement défendu le vert-rouge-jaune. C’est dire comment le professionnalisme porte déjà des fruits dans la tanière

La participation de Nzuimanto Basketball à la phase finale de la prestigieuse African Champions Cup, la plus grande compétition des clubs africains, n’est que la suite logique de l’aboutissement d’une excellente vision entreprise dans la tanière, mieux, c’est le début d’une consécration. Après leur belle performance au  tournoi zone 4 tenu courant du mois de novembre de cette année à Brazzaville au Congo, accréditée d’un titre de vice champion, Nzuimanto Basketball séniors messieurs, rivalisait d’adresse avec  les plus grands clubs africains en Egypte, constitués pour la plupart des joueurs professionnels venus d’Amérique. Pour Nzuimanto, petit-poucet de la compétition,  c’était l’apprentissage. Ils ont appris, l’heure est actuellement aux leçons à tirer. Toutefois, de belles perspectives augurent des lendemains plus glorieux pour l’équipe qui n’a été créée qu’en 2014.

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Une expédition laborieuse, mais riche en expérience tout de même.

Une fois en Egypte, le tirage au sort pour des rencontres des poules n’a pas été clément pour  Nzuimanto. Selon les chroniqueurs sportifs présents au Caire, la jeune formation s’est  retrouvée dans la poule la plus relevée. Il y avait que des géants de l’Afrique.  Malgré le désavantage sur le papier, le fauve du Cameroun espérait  un espace au soleil, dont une place en ¼ de finale. La poule A était composée de : Al- Ahly (Egypte, club organisateur), 1°Agosto (Angola), Club africain (Tunisie), Nzuimanto (Cameroun), Kanopillars(Nigéria). Pour son baptême de feu, Nzuimanto croisait  le fer contre Al Ahly en ouverture de rideau de la compétition. Public acquis pour la cause  des égyptiens, ambiance survoltée dans des gradins, Al Alhy est venu facilement à bout des jeunes camerounais 82-53. Des belles phases de jeu, des paniers à 3 points marqués par les Nzuimanto boys ont arraché des fois, des acclamations du public. Au cours de cette rencontre très courue, des camerounais vivants en Egypte, ont fait flotter le drapeau camerounais. Un malheur suivant  l’autre, Nzuimanto rencontre en 2e confrontation, Primero Agosto, un  autre géant africain et s’incline 86-78. L’écart de 8 points creusé aux ultimes minutes du match était une pilule amère à avaler.  L’on dira que Nzuimanto n’a pas démérité  et a même gagné le match du fairplay. En 3eme  journée Nzuimanto s’incline une fois de plus 75-86 contre les Kano Pillars du Nigeria. Toujours en fin de rencontre, les enfants ont pêché par des erreurs de posi- tionnement. En 4eme journée de poule, les jeunes tiennent leur revanche. Mais contre le coup du sort, ils s’inclinent face aux tunisiens de Club Africain 77-79. Cette défaite a fait plus mal, car les jeunes ont mené tout au long du match avant de se faire supplanter dans les dernières minutes, brisant ainsi tout espoir d’accéder au ¼ de final de la compétition. Ils ont fait leurs valises et ont rejoint le Cameroun le 17 avec un public qui les scandait à la sortie de l’avion. L’on ne dira jamais assez, ce fut  un riche apprentissage. Nzuimanto a bousculé la hiérarchie et s’est hissé parmi les 10 premiers clubs africains. La grande expérience acquise sur le plan sportif et administratif,  les permettra de préparer sereinement la même compétition l’année prochaine.

L’odyssée de Brazzaville

Le périple de Nzuimanto en coupe d’Afrique des clubs champions tenu au Congo voisin, a été plutôt fructueux. C’était la phase préliminaire de la coupe d’Afrique des Clubs Champions organisée en Egypte. Il fallait y chercher une place qualificative. Deux clubs camerounais (champion et vice-champion 2015-2016) devaient prendre part à cette compétition. L’INJS pourtant champion de la saison sus indiquée, n’a pas participé à la compétition pour des raisons endogènes. Nzuimanto qui a terminé 3ème cette saison, a  été donc naturellement sollicité pour remplacer INJS et être l’ambassadeur du Cameroun avec le 2eme BEAC de Yaoundé. La phase qualificative qui regroupe donc les champions et vice-champions de  la Zone 4 FIBA  (CEMAC + RDC) s’est donc déroulée à Brazzaville Congo du 16 novembre au 22 novembre 2016 En entrée de compétition, Nzuimanto gonflé à bloc, donne une leçon de basketball à Inter club, champion de la République du Congo et s’impose sur le score de 55 à 34. En deuxième journée ce fut  le tour de SCTP de la République Démocratique du Congo de subir des assauts des camerounais sur le score de 59-56 A la 3eme journée, Nzuimanto tient une victoire  historique sur le Tout Puissant Mazembe Basketball de la RDC, club mythique, vainqueur régional en titre sur le score de  75 à 56. Dans  le choc contre BEAC de Yaoundé, Nzuimanto s’incline par le score étriqué de 56-61. En 5ejournée, à cause de sa fraicheur effondrée après 5 matchs sans interruption, Nzuimanto  s’inclinera donc une fois de plus contre la formation équato-guinéenne sur le score très serré de 57-55. La 6e rencontre est une balade de santé pour le fauve. Nzuimanto s’impose 95 à 36 devenant du coup vice-champion régionale derrière la BEAC et se  qualifie par la même occasion avec la BEAC au tour finale de Coupe d’Afrique des Clubs Champions.

Retour sur les préparatifs

Pour le tournoi zone 4 à Brazzaville, Eric Niat, promoteur du club, a tout misé pour une préparation optimale. Regroupés à Bangangté dès début du mois d’octobre 2016 pour leur mise au vert, les trentaines de présélectionnés s’entrainaient dur au stade de la Jeunesse du Ndé. La discipline était de fer. Il  fallait être au top niveau de son rendement. Chacun essayait de se surpasser pour faire partie de l’expédition. Dans leur cité où ils étaient  logés à Bangangté, la concentration était  l’attitude la mieux partagée. Pour le moindre détail, André Djomo et le coach Wang veillaient au grain. La Blonde, la jeune femme, appelée cordon-bleu, ne jouait pas avec les heures de repas. C’était le professionnalisme pur!  Après Bangangté, ils mettaient le cap ensuite à  la ville aux 7 collines où ils ont livré des matchs préparatoires contre Beac de Yaoundé, All stars de Bamenda, No name de Douala …

Morale au beau fixe

Dans la tanière, sans être désarçonné, l’on a regretté quelques absences. Zebaze, un cadre clé, a été admis à aller chercher fortune en Tunisie après la coupe du Cameroun où le fauve de l’Ouest perdait contre Beac avec des armes à la main. Après le tournoi de Brazza, Bileg 2 a été détecté et devait passer aussi des tests dans plusieurs clubs pro intéressés par  son profil. D’autres pépites sont également sur la ligne de départ. Reste à savoir si ces départs pourront être un jour bénéfiques pour Nzuimanto, le club formateur. Un expert de la balle orange rassure quant à l’avenir: « La fédé est en train de mettre tout en œuvre pour que tout se passe comme au foot ». C’est dire des dispositions qui présageraient des lendemains radieux. Ainsi dans  le bon sens, la tanière se videra encore. Cette situation devrait être certaine, et Eric Niat, promoteur de l’académie de Basketball de Bangangté, « se comporte comme un bon père de famille. Sa plus grande satisfaction serait de voir ces  jeunes passer par l’académie et être sur les traces de Luc Mbah A moute ou de Pascal Siakam, qui aujourd’hui, sont à  la prestigieuse NBA. Il est d’autant plus heureux de célébrer d’autres arrivées », a reconnu l’expert. Dans cet élan, 6 meilleurs nouveaux joueurs ont déposé leurs valises dans la tanière. De quoi susciter le dépassement de soi dans l’équipe, la performance étant le maitre mot pour assurer sa sélection. Pour des modalités pratiques, 14 joueurs  seront sélectionnés pour l’expédition. Les formalités d’obtention des passeports pour ceux qui n’en avait pas encore ont dues prendre du temps.

L’histoire retiendra

Qui l’eut cru ? Jusqu’en novembre 2013, les amoureux du basketball se contentaient du petit écran pour voir pratiquer leur sport préféré. L’académie fût créée. Dieu vit que tout était bon. Les catégories dames et messieurs complétaient les fleurs, et le jardin devint très beau.  L’ère des trophées commença. Les jeunes enfants qui ne s’imaginaient pas au palais polyvalent des sports de Yaoundé, se retrouvaient déjà en train de donner des points de presse aux journalistes après une rencontre de finale de la coupe du Cameroun. Du fil à aiguille, l’académie s’est transformée  en tanière. Aujourd’hui, les griffes des bébés panthères ont pris de l’ampleur. « Nous sommes africains. Le Cameroun peut compter sur nous», a rassuré un joueur sénior. Champion 2016, tombeur de Beac à la finale C’est historique ! Sacrée champion du Cameroun devançant  les mastodontes telles que l’INJS, FAB, BEAC ou encore Dreams, Nzui Manto Basketball défendra une fois de plus, les couleurs du Cameroun aux compétitions continentales en 2017. Nzuimanto basketball est passée tout prêt du doublé. Comme un coup d’essai, l’académie a réalisé le coup de maitre. Après moins de 3 ans d’existence seulement, elle est allée créer la sensation au palais polyvalent des sports de warda à Yaoundé. Une performance dont la fédération camerounaise de basketball a pris bonne note. Sur 4 rencontres des finales clôturant la fin de sa saison, l’académie en a présenté 3 équipes. La moisson n’a pas été celle escomptée, mais la Région de l’Ouest a été valablement représentée et défendue. Les séniors messieurs et les juniors garçons ont perdu in extremis, 45 contre 48  et 57 contre 63, respectivement face aux redoutables formations de BEAC et de Alph de Yaoundé. Les  juniors filles ont marché sur l’adversaire  du jour en leur dispensant  d’une leçon du ballon orange, 76 contre 48, au grand bonheur du préfet du Ndé, qui a vécu de bout en bout le déroulé de ces différentes rencontres. L’on a également noté, et ce pour s’enorgueillir, une impressionnante délégation des supporters  venue de Bangangté et qui a su faire foule.  Vive  Nzuimanto, mais seulement « qui veut aller très  loin, doit ménager sa monture ».

Alain NDANGA

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