Message du Chef de l’Etat à la Nation Camerounaise

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Yaoundé, le 31 décembre 2016

Camerounaises, Camerounais, Mes chers compatriotes,

L’année 2016 qui s’achève a été riche en événements pleins de signification pour  notre nation.

Cette année, nous  l’avons commencée sous de très bons  auspices. La résilience de notre économie, malgré un contexte défavorable, était saluée par les bailleurs de fonds, dont le Fonds Monétaire International. Nos forces de défense et de sécurité avaient repoussé et mis Boko Haram sur la défen- sive.

Notre pays s’engageait résolument dans  une  nouvelle phase de son grand projet pour  l’accélération de la croissance, la création d’emplois et des ri- chesses.

Les circonstances, au fil des mois, ont mis à rude  épreuve cet élan promet- teur.

De même,  un certain frémissement sur le front social et politique a semblé, par moments, fragiliser les fondements même de notre vivre ensemble. Mais nous  avons  toujours su tenir bon  au bout du compte.

Je voudrais donc, avant  toute autre chose, vous dire solennellement, ce soir, que  le Cameroun est un pays plus que  jamais debout. Un pays UN et INDI- VISIBLE, fier de sa diversité culturelle et jaloux de sa liberté. Un pays riche de ses hommes talentueux et entreprenants. Un pays doté de ressources importantes. Un pays regardant l’avenir avec confiance et détermination, décidé à relever les défis pour  garantir le progrès social et la prospérité de tous.

Au moment où l’année 2016  s’achève, je ne saurais oublier le deuil qui, de façon  inédite, a frappé notre pays, lors de la catastrophe ferroviaire surve- nue  à Eseka. C’était un moment de grande douleur pour  la nation entière. Notre  peuple a su faire preuve de solidarité dans  ce drame.

L’enquête approfondie que  j’ai prescrite dira la vérité. J’en tirerai les consé- quences, je m’y suis engagé.

Mes chers compatriotes,

Je voudrais maintenant m’appesantir sur les derniers événements survenus dans  les régions du Nord – Ouest et du Sud – Ouest.

Ces événements nous  interpellent profondément dans  notre chair et dans notre esprit.Par le fait d’un groupe de manifestants extrémistes, manipulés et instrumentalisés, des Camerounais ont perdu la vie; des bâtiments publics et privés ont  été détruits ; les symboles les plus sacrés  de notre nation ont été  profanés ; les activités économiques ont  été  paralysées momentané- ment.

Tout cela, vous en conviendrez, est INACCEPTABLE. Les libertés politiques et syndicales sont effectives dans  notre pays. Elles sont

garanties et encadrées par nos lois et règlements.

Dans ce cadre,  chaque citoyen est bien fondé d’exprimer son opinion sur tout sujet de la vie nationale, y compris par l’observation pacifique d’un mot d’ordre de grève, dûment déclaré.

Il s’agit d’un droit fondamental du citoyen, voulu par le peuple camerounais puisque garanti par la Constitution.

Ce droit est inaliénable dans l’idéal démocratique que j’ai proposé au peuple camerounais et que,  quotidiennement, nous  construisons ENSEMBLE, pa- tiemment et obstinément.

Il n’est pas convenable que certains veuillent se servir de ce cadre  de liberté.

pour  poser  des actes  de violence et chercher à porter atteinte à l’unité de notre pays.

En pareille circonstance, l’Etat a le devoir impérieux de rétablir l’ordre, au nom  de la loi et dans  l’intérêt de tous. Agir autrement, c’est compromettre notre démocratie; c’est laisser l’anarchie s’installer à la place de l’état de droit.

Je condamne de façon énergique tous les actes de violence, d’où qu’ils vien- nent, quels qu’en soient les auteurs. Nous tirerons toutes les conséquences des différentes enquêtes en cours à ce sujet. Que  l’on se comprenne bien, il n’est pas interdit d’exprimer des préoccupations dans  la République.

En revanche, rien de grand ne peut se construire dans  la surenchère ver- bale, la violence de rue et le défi à l’autorité. Seul le dialogue serein permet de trouver et d’apporter des solutions durables aux problèmes. Les voix qui se sont  exprimées ont  été  toutes entendues. Elles ont,  dans  bien des cas, soulevé des questions de fond  que  l’on ne saurait négliger. J’ai instruit le Gouvernement d’engager un  dialogue franc  avec  les différentes parties concernées, pour  trouver des réponses appropriées aux questions posées. Je les invite à participer, sans préjugés, aux différentes discussions.

Mais, ne l’oublions jamais, nous  marchons sur les pas des pères  fondateurs de notre pays, de nos héros  nationaux, qui ont versé leur sang  pour  léguer à la postérité une  nation unie dans  sa diversité.

L’unité du Cameroun est donc un héritage précieux avec lequel nul n’a le droit de prendre des libertés. Et quelle que  soit la pertinence d’une reven- dication, celle-ci perd toute légitimité, sitôt qu’elle compromet, tant soit peu, la construction de l’unité nationale.

Le peuple camerounais, comme un seul homme, s’est engagé à construire une  nation unie, inclusive et bilingue. Il s’agit là d’une expérience unique en Afrique.

Comme  toute entreprise humaine, notre expérience n’est pas parfaite. Elle a des aspects perfectibles. Nous  devons donc rester  à l’écoute les uns des autres. Nous devons rester ouverts aux idées mélioratives, à l’exclusion tou- tefois, de celles qui viendraient à toucher à la forme de notre Etat. En dehors des instances dont j’ai prescrit la création au Gouvernement, et qui fonc- tionnent déjà, nous  sommes prêts à aller plus loin. Nous sommes disposés, à la suite et dans  l’esprit des artisans de la Réunification, à créer une  struc- ture  nationale dont la mission sera  de nous  proposer des  solutions pour maintenir la paix, consolider l’unité de notre pays et renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du VIVRE ENSEMBLE.

Et cela, dans  le strict respect de notre Constitution et de nos Institutions. Dois-je le redire? LE CAMEROUN  EST UN ET INDIVISIBLE!  Il le demeurera… Il tire sa richesse et sa force de la diversité de son peuple, de ses cultures et de ses langues. C’est ce pluralisme qui vaut à notre pays, considération, res- pect et admiration.

Le Cameroun est un  pays démocratique, un  Etat de droit. Les problèmes doivent y être réglés dans  le cadre  de la loi et par le dialogue.

Nos compatriotes veulent vivre dans  la paix et la concorde.

Il ne faut pas les troubler. C’est aussi pour  cela que  notre pays s’est engagé dans la lutte contre Boko Haram. A ce propos, je crois pouvoir dire que l’année  2016,  a permis de pousser ce groupe terroriste dans  ses derniers retranchements. On peut,  semble-t-il, espérer que  nébuleuse aura  du mal à se relever des  coups  qui lui ont  été  portés.  Mais il faudra rester  vigilant, l’éventualité d’attentats-suicides isolés, comme celui du 25 décembre dernier, n’étant pas à écarter.

Bonne et heureuse année 2017!
Vive le Cameroun!

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