GREVE D’UN GROUPE D’ETUDIANTS A L’UdM : L’INTRANSIGEANCE CEDE LA PLACE AU BON SENS

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Etudiants grévistes à l'entrée du campus

Près de deux semaines après le mouvement d’humeur d’un groupuscule d’étudiants de la filière Pharmacie 7ème année et d’un étudiant de Chirurgie dentaire 7ème année, le calme est revenu sur le campus principal de l’Université des Montagnes (UdM) râce à la médiation du Préfet du département du Ndé.

L ’intransigeance avec laquelle cette poignée d’étudiants de 7ème année ont mené la grève ce lundi 9 janvier 2017, a laissé croire que ces jeunes avaient perdu ce qui fait la valeur intrinsèque de  l’Homme : la raison. Les étudiants grévistes  sont donc revenus à la raison. La grève a pourtant duré 4 jours, quatre jours de folies, de dialogue de sourds. Les étudiants grévistes, ne voulaient rien entendre, rien concéder, mais ventilaient des messages « du tout ou rien ».  Malgré les explications du Pr Lazare Kaptué, Président de  l’UdM, et les conseils de M. Henri Njomgang,  Président de l’AED qui est fondatrice de l’UdM, les enfants sont restés campés sur leur position. Même les 2 descentes du préfet du Ndé sur le campus n’ont pas permis de faire infléchir le groupuscule de grévistes.  Il a fallu une dissuasion des FMO (Forces de maintien de l’Ordre) postées hors du campus pour faire comprendre à ces étudiants que nul ne peut faire front à la puissance public.

Les faits

Le lundi 9 janvier 2017, un petit groupe d’étudiants des filières pharmacie 7ème année et un étudiant de chirurgie dentaire de 7ème année, se sont assis à l’entrée principale du campus de Mfetom, dès 5h30, empêchant les véhicules de l’institution de transporter les étudiants et les enseignants sur les autres campus. L’intention de ce groupuscule était certainement de paralyser le fonctionnement de l’université. Raison de leur grève: ils ne veulent pas payer la 7ème année de formation. Face à cette situation, le préfet du Ndé est descendu  sur le campus puisque ces étudiants grévistes ne voulaient dialoguer aucun responsable de l’institution. Dans une salle de cours, M. le préfet les a écoutés, a écouté des responsables de  l’UdM et réuni les 2 parties pour des échanges desquels étaient ressorties les 3 résolutions suivantes: les étu- diants grévistes devaient s’inscrire académiquement, c’est à dire, sans payer un sou en attendant la suite des négociations (cette inscription se faisant en ligne, même à partir de son téléphone); l’UdM devait permettre à ces étudiants inscrits d’aller en stage en leur donnant les documents appropriés; ces étudiants devaient lever leur grève. En retour, M. le préfet avait promis d’initier une rencontre tripartite Minesup – étudiants/parents – UdM. En quittant le campus ce lundi, le patron du département a dit aux étudiants grévistes de ne pas hésiter à venir le voir au cas où ils auraient encore un souci et de ne plus produire ce mauvais spectacle qui ne  les honore pas, eux qui sont de futurs dirigeants de ce pays. Grande a été sa surprise d’entendre lui dire le mercredi 11 janvier que ces étudiants étaient repartis bloquer toutes les entrées et les sorties du campus de Mfetom. Une fois de plus, le préfet était descendu  les rencontrer. A la question de savoir ce qui n’allait pas alors qu’il croyait que toutes les parties prenantes s’étaient bien comprises lundi, les étudiants lui avaient répondu qu’on ne  leur avait pas permis de s’inscrire, ce qui n’est pas juste puisque entre lundi et mardi, 44 grévistes ont pu s’inscrire en ligne, et dans une note interne, le Pr Kaptué, Président de l’UdM avait  instruit ce même lundi ses collaborateurs de les recevoir sans conditions. En quittant les lieux, le n°1 du département  leur avait donné rendez-vous dans ses services à 13h, mais à cette heure, il n’y avait l’ombre d’aucun étudiant, ils avaient d’ailleurs été attendus par  le préfet et son état-major jusqu’à 16h et toujours pas d’étudiants.  Tôt le jeudi matin, toujours vers 5h, ces mêmes étudiants grévistes avaient pris position une  fois de plus aux différentes entrées et sorties du campus de Mfetom, mais cette fois-ci à l’extérieur, question avait eues avec ces étudiants, il avait été précisé à ces derniers que le vrai problème est celui de la durée de la formation et non des frais de scolarité. La durée de la formation étant une décision gouvernementale, ces étudiants devaient aller voir  le ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) pour poser ce problème. Bon à savoir: sur plus de 120 étudiants de 7ème année de ces 2 filières, seuls une trentaine étaient en grève, les autres, d’après des sources proches de l’administration de l’UdM, devant être sur leur site de stage.

Monsieur le préfet s'adressant aux grévistes
Monsieur le préfet s’adressant aux grévistes

Le commentaire

Qu’est-ce qui a bien pu pousser ces étudiants à se distinguer ? Etaient-ils manipulés ou ont-ils simplement voulu exercer leur droit de grève ? Ignoraientils  que la grève est encadrée par la loi ? Bien qu’étant un droit, faire grève ne saurait être un droit qui s’exerce en violant celle des autres. Pourquoi, ces  jeunes grévistes ont-ils voulu empêcher leurs cadets à poursuivre leurs activités académiques ? Cela aura été la plus grosse bêtise des grévistes.   Aucune institution n’aurait accepté cette dérive. Faites grève, mais laisser les autres vaquer tranquillement à leurs occupations. L’intention des étudiants grévistes était claire : se former en 7 ans et payer seulement pour 6 ans. Pourtant, la formation en 7 ans est une réforme du ministère de l’Enseignement Supérieur de 2013. C’est une mesure qui est appliquée et harmonisée à toutes les structures de formation dans les domaines de la santé publique. Outre la 7ème année instituée et imposée, cette réforme prévoit un ECN (Examen Clinique National), des stages et la soutenance de  la thèse. Les étudiants gréviste auraient dû commencer par refuser l’ECN qui sanctionne l’entrée en 7ème année. Ils ne l’ont pas fait. Ils disent que la 7ème année n’était pas prévue lorsqu’ils entraient à l’UdM, c’est vrai mais même l’ECN n’était pas prévu. Pourquoi veulent-ils appliquer partiellement la réforme de 2013 ?  Aux dernières nouvelles, presque tous les grévistes avaient pris leur inscription académique, car faut-il le rappeler, presque tous ceux qui observaient  ce mouvement sur le campus n’étaient même pas encore étudiants pour le compte de l’année 2016/2017.  Maintenant qu’ils sont identifiés comme étudiants, peut s’ouvrir le dialogue.  Le préfet a promis d’initier une tripartite Minesup/UdM/Etudiants-parents. Selon  un communiqué de l’UdM, une rencontre est prévue à  l’UdM le dimanche 29 janvier 2017. Souhaitons que l’issue de cette rencontre très attendue permette de régler définitivement cette incompréhension créée par une décision dont l’application n’avait pas tenu compte du sacro-saint principe juridique qui dit que la loi n’est pas rétro-active.

Une correspondance particulière

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