FEMME RURALE ET LES PROJETS DE DÉVELOPPEMENT AGRAIRE

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Faire participer les femmes aux projets de développement leur permet d’acquérir des compétences et des connaissances nouvelles. C’est aussi un atout pour la réussite de nombreux projets dans le domaine rural.

Dans un contexte de dégradation environnementale et d’ouverture des marchés, la diversification des stratégies de survie est devenue indispensable aux villages ruraux africains. Les ONG peuvent jouer un rôle fondamental sur ce plan grâce à l’introduction de techniques nouvelles et à l’appui qu’elles peuvent offrir aux populations. Cependant, la prise en compte du contexte dans lequel leurs projets prennent place sera déterminante dans la réussite de leurs activités.

Or, dans le milieu rural africain, l’importance des statuts peut constituer un frein au développement. La femme est souvent confinée dans son rôle de mère nourricière, et il sera alors vain de tenter de la faire prendre part à d’autres tâches qui ne relèvent pas de ses fonctions maternelles. Au contraire, si ce statut traditionnel est respecté, il pourra constituer un levier utile pour un projet de développement.

La femme rurale et l’accès à la terre

Dans la zone rurale du Département du Ndé en particulier, la femme joue un rôle primodial. Près de la moitié de la main d’œuvre agricole est féminine, pour un secteur qui contribue énormément au PIB  du Cameroun. C’est principalement au niveau des cultures vivrières, qui occupent plus de la moitié de son temps de travail, que le rôle de la femme est le plus important, puisqu’elle y produit 70% des récoltes. En outre, la femme remplit ses missions traditionnelles de “mamelle nourricière” (elle fait le ménage, la cuisine, soigne les enfants, collecte l’eau et le bois, etc.). Elle aide également les hommes dans les grandes cultures. Elle s’occupe de la transformation et de la commercialisation des produits récoltés. Les semis, le désherbage, les récoltes, le conditionnement lui sont, par tradition, réservés. Ces multiples activités participent à la définition de l’identité féminine et de son statut social. Cependant, bien que le travail de la terre soit l’occupation féminine principale, la femme se heurte à un problème fondamental: celui de la propriété foncière. En effet, dans le milieu rural africain, la terre appartient par tradition à l’homme. Le don de la part de son père ou de son mari est seul moyen par lequel une femme peut y avoir accès. Même dans ce cas de figure, bien souvent, elle acquerra difficilement. Seulement le droit de travailler la parcelle, tandis que la propriété restera masculine

La division du travail est telle que la seule responsabilité des plantations vivrières lui revient, mais pas les revenus qui en sont générés.

Ce statut traditionnel de la femme n’est pas resté figé dans le temps, et les mutations qui ont été introduites aussi bien par la colonisation, les indépendances, les modernisations agraires, ou les mutations dans l’organisation administrative du pays l’ont affecté. Plutôt qu’un réel bouleversement dans la perception classique de la femme rurale, ces transformations ont creusé l’écart entre les représentations et l’importance du rôle réel des femmes. Ses tâches se sont multipliées mais font partie du quotidien ou de l’ordinaire, ce qui les rend presque invisibles.

Quand, dans les années 80, les politiques de modernisation se sont imposées à l’agriculture familiale africaine, elles ont principalement touché les cultures de rente, tandis que les parcelles vivrières ont conservé un outillage archaïque, nécessitant un travail plus difficile et plus long. La promotion du rôle des femmes ne peut évidemment s’effectuer indépendamment de la prise en compte du rôle masculin. Il y a lieu aussi d’envisager la complémentarité et évolution entraînée par les situations, dont il a été question ici. Comme l’exprime l’une des productrices de Bazou, «il faut nous appuyer et nous aider à développer de nouvelles activités. On veut diversifier nos tâches, il faut juste nous en donner les moyens. Ce qu’une femme fait, elle le fait toujours pour sa famille, et elle le lui donne. Si l’homme va dépenser son argent pour des plaisirs personnels, la femme, au contraire, l’utilisera pour des dépenses familiales. Nous effectuons tous les travaux nous-mêmes, dans le cadre du projet de Green. Mais certains d’entre eux nécessitent l’aide de l’homme, car ce sont des travaux trop lourds à porter pour une femme.

                                                                                                                 Bernard Tchami

QUE REPRESENTE CETTE JOURNEE POUR LES FEMMES RURALES ? La Rédaction d’Echos du Ndé est allée à la rencontre de deux femmes rurales :

Mme Tanga Berthe:femme rurale de Bangang Fokam

La célébration de la journée de la femme rurale nous permet chaque année de nous améliorer, que ce soit en connaissance à travers les formations, que ce l’amélioration des produits que nous allons exposer. Cela voudrait dire inévitablement que les femmes rurales contribuent énormément au développement économique de la société et il serait plus avantageux de mettre à notre disposition des outils, du matériel, les moyens financiers et mêmes juridictionnels; histoire d’aboutir à notre autonomisation. L’autonomisation des femmes rurales suppose l’accroissement de notre force sociale, politique, économique et spirituelle, tant sur le plan individuel que collectif, ainsi que l’élimination des obstacles qui pénalisent les femmes et les empêchent d’être pleinement intégrées dans les différents secteurs de la société.

5Mme Abondi Ruth: femme rurale de Babitchoua

Mon rôle de femme rurale c’est de cultiver les champs, collecter l’eau et le bois et prendre soin de ma famille. Des tâches très lourdes et des responsabilités familiales et domestiques qui me laissent très peu de temps à consacrer aux activités génératrices de revenus. Nous souhaitons qu’on mette en place des microcrédits pour nous permettre  de cultiver les champs communautaires, récolter et vendre. Si possible qu’on crée au niveau du Ndé des usines de transformation. Dans ce cas on transformera une partie et on vendra l’autre partie brute. On aura plus des pertes.

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